Contributeur·trice·s


Serena Lee

Le travail de Serena Lee – transdisciplinaire, collaboratif et aléatoire – est nourri de sa fascination pour la polyphonie et son potentiel radical. Elle collabore aussi au collectif Read-in, dont les recherches portent sur la lecture comme pratique politique, incarnée et située ; et avec l’artiste Christina Battle sous le nom de SHATTERED MOON ALLIANCE. Ses projets récents ont été montrés au CRAC Occitanie (Sète), à Cubitt (Londres), à la transmediale (Berlin), la Mitchell Art Gallery (Edmonton), au Museum of Contemporary Art (Toronto), et à la Whitechapel Gallery (Londres). Serena est titulaire d’un Master of Fine Arts du Piet Zwart Institute de Rotterdam et d’un Associate Diploma in Piano Performance du Conservatoire Royal de Musique du Canada. Elle vit aujourd’hui à Vienne pour poursuivre ses recherches de PhD à l’Académie des Beaux-Arts. Elle est née à Tkaronto/Toronto au Canada et, à un moment donné, sa première langue était le Cantonais.



Rester. Étranger

Rester. Étranger est une espèce de famille. La famille est le format de l’œuvre. Car Rester. Étranger est une œuvre de l’art. Quel genre d’art ? Un art expérimental. C’est à dire un art en train de se faire. Dont on fait l’expérience réelle. Un art vivant non spectaculaire. Non exclusif. Qui appartient à ceux qui le font. Qui le respirent. Qui le transpirent. Vous aussi vous êtes en train de le faire. Ce moment où vous vous engagez dans la lecture de ces lignes vous appartient. Vous entrez en contact avec l’activité qui fonde l’expérience Rester. Étranger. Une pratique de l’art sans extérieur. Cela n’attend pas de spectateurs. Ni de lieu assigné. Ni de moment adéquat pour se faire. Rester. Étranger arrive et fait place à chaque personne qui entre en contact avec son activité. Traversant ce qui subsiste du désir désorienté de camper dans la réalité. Une trajectoire chorégraphique dans la relation.



Barbara Manzetti

Barbara Manzetti habite en profondeur et en compagnie une œuvre expérientielle, affective, rétive à sa propre exécution, et dont le format variable, polymorphe, diffus, prend volontiers place dans l’écriture, performée ou déposée sur des supports divers et périssables, tels que post-it, cartes, bobines, ou trouvant hospitalité dans la forme d’un livre.



Myriam Suchet

Myriam cherche, et se perd beaucoup. Son parcours de littéraire s’est indiscipliné chemin faisant, quelque part entre la France et le Québec. Elle est maître de conférence à la Sorbonne Nouvelle où elle dirige le Centre d’études québécoises depuis 2012, et membre de l’Institut Universitaire de France depuis octobre 2019. Mais c’est dans les interstices des institutions et dans leurs relations avec d’autres espaces de recherche-action-création qu’elle travaille le mieux. Sa thèse de doctorat, menée en cotutelle entre Lille 3 et Concordia University (2007-2010), portait sur des textes littéraires écrits simultanément dans plusieurs langues différentes, jusqu’à faire exploser le mythe de « la langue » une et indivisible. Depuis, elle explore les implications de cette poétique-politique en lisant le « s » de français comme une marque de pluriel. Elle a notamment publié trois ouvrages : L’Imaginaire hétérolingue. Ce que nous apprennent les textes à la croisée des langues (Paris, Classiques Garnier, 2014) ; Indiscipline ! Tentatives d’UniverCité à l’usage des littégraphistes, artistechniciens et autres philopraticiens (Montréal, Nota Bene, 2016) ; L’Horizon est ici. Pour une prolifération des modes de relations (Rennes, Éditions du Commun, 2019). Elle serait ravie d’avoir de vos nouvelles, vous pouvez lui écrire par exemple à cette adresse : myriam.suchet@sorbonne-nouvelle.fr



Hélène Harder

Ses études de philosophie à l’Ecole Normale Supérieure de Paris bouleversées par un grave accident de voiture, Hélène Harder réalise en autodidacte ses premiers courts métrages documentaires. Grâce à un échange à UC Berkeley, elle se forme et travaille à New York et à Paris. En 2009, elle part au Sénégal filmer un tournoi de foot féminin sur les terrains de quartier et réalise le film documentaire Ladies’ Turn en 2012 (65’). Sélectionné dans des festivals de plus de 15 pays, primé quatre fois, le film est diffusé entre autres sur la RTS, TV5 Monde, Arte et sur PBS. Depuis des années, elle travaille régulièrement à Casablanca sur le projet transmedia Casamantes soutenu par le CNC et par les régions Ile-de-France et Rhône-Alpes. Elle développe en parallèle un documentaire de cinéma avec l’activiste marocaine Fatna El Bouih, Fatna, une femme nommée Rachid. Elle travaille comme vidéaste et photographe pour des centres d’art, des compagnies de danse, de théâtre ou des médias alternatifs et donne des ateliers en France et au Maroc en milieu scolaire et associatif.



Karima El Kharraze

Autrice et metteuse en scène de théâtre, Karima El Kharraze crée après les émeutes de 2005 la compagnie À Bout Portant qui se veut attentive aux réalités sociales et politiques d’une société postcoloniale qui s’ignore. Depuis 2012, elle fait des allers-retours entre le Maroc et la France pour explorer les échos entre les histoires de l’immigration et des colonisations à travers des spectacles autobiographiques comme Arable (texte publié aux Editions du Cygne), ou qui s’adressent aux plus jeunes comme Madame Flyna qui s’inspire de la figure de Touria Chaoui, première aviatrice du monde arabe ou encore Le Cafard et L’Orchidée. Elle participe à la création et aux réflexions du collectif Décoloniser les arts ainsi qu’à leur publication aux Éditions de l’Arche. Elle travaille actuellement au projet transmedia Casamantes mais aussi à une adaptation au théâtre du roman Le Cœur est un chasseur solitaire de l’Américaine Carson McCullers. Elle donne des ateliers de théâtre et d’écriture dans différents contextes (écoles, prisons, associations, lieux d’art, théâtres…).



Sarah Rifky

Sarah Rifky est écrivaine et théoricienne de l’art moderne moderne et contemporain. Elle est doctorante en Histoire, Théorie et Critique de l’Architecture et de l’Art et chargée de recherche au sein de programme Aga Khan pour l’Architecture Islamique au Massachussets Institute of Technology. Ses recherches actuelles portent sur l’émergence des “infrastructures culturelles” en Egypte au cours des années cinquante et soixante. Elle s’intéresse au travail des institutions, des artistes et de l’art au prisme du modernisme global.



Rasha Salti

Rasha Salti est une curatrice de films et d’arts visuels et une écrivaine qui vit et travaille entre Beyrouth et Berlin. Elle est co-commissaire, avec Richard Peña, de l’exposition The Road to Damascus, une rétrospective mondiale autour du cinéma syrien (2006). Elle assure également le commissariat de Mapping Subjectivity: Experimentation in Arab Cinema from the 1960s until Now avec Jytte Jensen (2010-2012), qui a été présentée au Musée d’Art Moderne (MoMA) à New York. Elle co-organise, avec Kristine Khouri, l’exposition Past Disquiet: Narratives and Ghosts from the Exhibition of International Art for Palestine (Beirut, 1978) au Museu d’Art Contemporani de Barcelona (MACBA) en 2015, à Haus der Kulturen der Welt en 2016 et au Museo de la Solidaridad Salvador Allende (MSSA) à Santiago de Chile et au Musée Sursock à Beyrouth en 2018. Salti a édité les ouvrages Insights into Syrian Cinema: Essays and Conversations with Filmmakers (publié en 2006 chez ArteEast et Rattapallax Press), Beirut Bereft, The Architecture of the Forsaken and Map of the Derelict en collaboration avec le photographe Ziad Antar (publié par la Sharjah Art Foundation en 2010) et I Would Have Smiled: A Tribute to Myrtle Winter-Chaumeny co-edited avec Issam Nassar en 2010.



Victorine Grataloup

Victorine Grataloup a étudié l’histoire et la théorie de l’art à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) et à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, où elle est enseigne aujourd’hui, et a travaillé au Palais de Tokyo, à KADIST, Bétonsalon - Centre d’art et de recherche et au Cneai avant d’exercer ses fonctions de commissaire d’exposition en indépendante.

Elle collabore avec Virginie Bobin depuis 2018 au travers de Qalqalah قلقلة, plateforme d’échanges artistiques, de recherche et de traductions qu’elles ont co-créée ; et avec le collectif curatorial Le Syndicat Magnifique qu’elle a co-fondé en 2012.

En 2020, elle est lauréate de la bourse de recherche curatoriale du Cnap avec un projet sur les acquisitions d’artistes du monde islamique. Elle travaille en parallèle avec l’École des Actes, micro-institution culturelle expérimentale oeuvrant entre les langues depuis la situation d’Aubervilliers et de la Seine-Saint-Denis.



Montasser Drissi

Montasser Drissi est un designer graphique et dessinateur de caractères marocain basé à Paris. Dans sa recherche menée à l’Atelier national de recherche typographique à Nancy, il s’intéresse au dessin de caractères multiscript (les fontes qui prennent en charge plusieurs systèmes d’écriture) et à la manière dont les rapports de force entre langues dominantes et langues minoritaires se déploient dans le champs de la typographie dans les pays arabophones.



Virginie Bobin

Virginie Bobin travaille au croisement de la recherche, des pratiques curatoriales et éditoriales, de la pédagogie et de la traduction. Depuis 2018, elle mène une recherche doctorale autour des enjeux politiques et affectifs de la traduction, dans le cadre du PhD-in-practice en recherche artistique de l’Académie des Beaux-Arts de Vienne. La même année, elle co-fonde avec Victorine Grataloup l’association Qalqalah قلقلة, plateforme d’échanges artistiques, de recherche et de traductions. Elle mène parallèlement un dialogue au long cours avec l’artiste Mercedes Azpilicueta, qui donne lieu à une exposition en trois volets présentée à CentroCentro (Madrid), au Museion (Bolzano) et au CAC Brétigny en 2019-2021.

Auparavant, elle a été Responsable des programmes de la Villa Vassilieff, lieu de résidences, de recherche et d’expositions qu’elle a co-créé en 2016. Elle a travaillé pour Bétonsalon - Centre d’art et de recherche, le Witte de With Center for Contemporary Art, Manifesta Journal, Les Laboratoires d’Aubervilliers et Performa, la Biennale de Performance de New York. Ses projets curatoriaux et de recherche ont été présentés dans des institutions internationales, telles que MoMA PS1, e-flux space ou Tabakalera. Outre ses contributions à diverses revues internationales, elle a dirigé deux ouvrages collectifs : Composing Differences (Les Presses du Réel, 2015) et Re-publications (en collaboration avec Mathilde Villeneuve, Archive Books, 2015).



Vir Andres Hera

Vir Andres Hera, né à Yauhquemehcan, Tlaxcala, vit et travaille en France. L’imaginaire de Vir Andres se dit en plusieurs langues : le français, l’espagnol, le créole, l’aztèque et d’autres langues amérindiennes. Toutes ses réalités de la langue se mélangent. Ses images, ses représentations s’expriment entre autres par la vidéo, mais avec une idée plus large d’écriture, tant le récit est important. Dans ses vidéos, tout est mystérieusement parsemé d’histoires et de ses anecdotes étranges, de littérature et de ses récits lointains, de mythes religieux et de ses figures oniriques, de paysages sacrés. (Texte de Julie Gil Giacomini)

Vir Andres Hera est également membre du Comité éditorial de Qalqalah قلقلة. Il est actuellement doctorant à l’Université du Québec à Montréal et au Fresnoy - Studio national des arts contemporains. Sa recherche, Hétéroglossies littéraires porte sur la coexistence de différentes langues au sein des récits mythologiques.



Line Ajan

Line Ajan est une commissaire d’exposition indépendante basée entre Chicago et Paris. En 2018, elle obtient son Master en Histoire de l’Art à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Ses recherches se portent alors sur l’appropriation des photographies vernaculaires dans les pratiques artistiques contemporaines. Elle a notamment rédigé un mémoire sur la période expérimentale de la Fondation Arabe pour l’Image (1997-2004) sous la direction de Michel Poivert. Entre 2015 et 2019, elle travaille à la Galerie Imane Farès à Paris, où elle participe à l’organisation des premières expositions parisiennes de Sinzo Aanza, Alia Farid, James Webb et le collectif On-Trade-Off entre autres. Elle participe également à l’édition de la seconde monographie de l’artiste Emeka Ogboh, Lagos Soundscapes, publiée aux éditions Kerber Verlag, Berlin. En parallèle, elle réalise plusieurs entretiens-fleuves, publiés dans la revue numérique Figure Figure, avec des jeunes artistes basés à Paris.

En 2019-2020, elle est bénéficiaire de la Barjeel Global Fellowship au Museum of Contemporary Art (MCA) Chicago, Illinois. Au sein du MCA Chicago, elle met en place un programme de projections en parallèle de l’exposition Alien VS Citizen et assure le commissariat de l’exposition The Location of Lines, qui se tient au musée entre août 2020 et mars 2021. En 2019, elle rejoint le comité éditorial Qalqalah قلقلة, plateforme d’échanges artistiques, de recherche et de traductions.



Sylvain Julé

Sylvain Julé est un designer graphique et développeur front-end basé à Paris. Après un projet de recherche interrogeant l’hypertextualité et les relations inter-textuelles sur le web mené à L’Atelier National de Recherche Typographique, il consacre son activité à la conception de sites web, outils numériques libres, installations web éphémères et autres expériences interactives.